Sète: le tireur fou détenait un arsenal / Sète: The shooter had an arsenal — (Le Figaro)

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Le Figaro

By Jean-Marc Leclerc

Published 

Police officers escort the gunman who killed two people Saturday. Photo credits:-/AFP

“I’m going home and I’m going to come down there and kill you,” he said to noisy neighbours.

How can a man on antidepressants be in legal possession of an arsenal? The case of Sète Hérault illustrates the problem of dissemination and control of firearms in France. Because the garbage man, who coldly shot and killed two neighbors, and seriously wounded two others, Friday night/ early Saturday, because they were disturbing his sleep, was a recreational marksman and even a “facilitator and trainer” at the Agde gun club.

Indicted for murder and attempted murder, Charles P., 49, had six weapons, including the 11.43 he used that night, a gun of the same type as the one used by Mohamed Merah, the killer of Toulouse. Police have also found at the Sète municipal office of this taciturn and introverted man, 5,000 rounds of ammunition. Like any sport shooter, this unremarkable employee of the municipal garbage service had the right to keep up to twelve guns home (whose seven of first category, such the 357 Magnum, and fourth category, like a 7.65) and 1,000 cartridges per gun, per year.

He was only required to have a safe at his home to store his artillery, which he had.  After a first altercation, he took the time to pick his 11.43, before shooting at his noisy neighbor who had followed him to his doorstep. He continued down the hall, shooting, hitting one of the guests at a birthday party that made him angry. Then he entered the apartment of his neighbors to continue his carnage, shooting two more two adults. A little girl of 3 years and a couple who hid under a table, miraculously escaped his madness. The man fired seven bullets in all, then called his sister to prevent and surrendered.   He explained to police officers who arrested him that he had to get up at 4 o’clock in the morning to be at his job.  He could not tolerate the music that came from the adjoining apartment.

New morning schedule

For some time, with his new morning schedules, he slept badly and used antidepressants. He had ingested some the evening of the tragedy.  He phoned the neighbours once, but they reportedly refused to turn down the sound. He then warned them: “I’m going home and I’m going to come down there and kill you.”  This was his justification for murder and attempted murder. The shooter claimed not to be fully conscious at the time of the shooting but said he regained his senses at the sight of blood.

In the face of this tragedy, the law was powerless. To qualify for possession of a license for sporting firearms, one is required to have a medical certificate issued within the last 15 days, certifying the good state of health of the applicant.  Once a person is certified, it takes three years before a new examination is done for renewal. In the meantime, if the administration is not alerted to the health problems faced by the shooter, he can’t do anything. And the new regulations on weapons which came into force in September 2013 will not change. The French shooting Federation can only call for vigilance. It has 140,000 licensees.

Sète: le tireur fou détenait un arsenal— (Le Figaro)

Par Jean-Marc Leclerc

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Des policiers escortent le tireur qui a tué deux personnes, samedi. Crédits photo : -/AFP

«Je retourne chez moi et je descends vous tuer», avait-il lancé à ses voisins bruyants.

Comment un homme sous antidépresseurs peut-il se trouver en possession d’un arsenal en toute légalité? L’affaire de Sète (Hérault) pose le problème de la diffusion et du contrôle des armes à feu en France. Car l’éboueur qui a froidement abattu deux voisins, en blessant gravement deux autres, dans la nuit de vendredi à samedi, parce qu’ils troublaient son sommeil, était tireur sportif et même «animateur et formateur» d’un club de tir du côté d’Agde.

Mis en examen pour tentative d’assassinats et assassinats, Charles P., 49 ans, possédait donc six armes, dont le 11.43 qui a servi cette nuit-là, un pistolet du même type que celui utilisé par Mohamed Merah, le tueur de Toulouse. La police a aussi retrouvé chez cet agent municipal sétois, taciturne et introverti, 5000 munitions. Comme tout tireur sportif, ce modeste employé affecté aux encombrants dans un service intercommunal de ramassage d’ordures avait le droit de détenir jusqu’à douze armes chez lui (dont sept de première catégorie, tel le 357 Magnum, et de quatrième catégorie, comme un 7.65) et à 1000 cartouches par arme et par an.

Il lui suffisait d’avoir un coffre à son domicile pour remiser son artillerie. Ce qui était le cas. Après une première altercation, il a pris le temps d’aller y chercher son 11.43, avant de tirer sur son voisin bruyant, qui l’avait suivi jusqu’au pas de sa porte. Il a poursuivi son tir dans le couloir, touchant l’un des convives de la soirée d’anniversaire qui l’avait mis en colère. Puis il a pénétré dans l’appartement des voisins pour poursuivre son carnage, en tirant encore sur deux adultes. Une petite fille de 3 ans et un couple, qui s’était caché sous une table, ont miraculeusement échappé à sa folie. L’homme a tiré sept balles en tout, puis il a appelé sa sœur pour la prévenir et s’est rendu. Aux policiers qui l’ont arrêté pour l’interroger, il a expliqué qu’il devait se lever à 4 heures du matin pour prendre son poste. Il n’a pas supporté la musique qui filtrait de l’appartement mitoyen.

Nouveaux horaires matinaux

Depuis quelque temps, avec ses nouveaux horaires matinaux, il dormait mal et se calmait aux anxiolytiques. Il en avait ingurgité le soir du drame. Il a sonné une première fois chez ses voisins, qui auraient refusé de baisser le son. Il les a alors prévenus: «Je retourne chez moi et je descends vous tuer.» Ce qui justifie l’ouverture d’une enquête pour assassinats et tentatives d’assassinat. Le tireur, lui, assure qu’il était «un peu inconscient» et qu’il n’a recouvré ses esprits qu’à la vue du sang.

Face à ce drame, la loi aura été impuissante. Pour autoriser la détention d’arme à titre sportif, elle prescrit certes un certificat médical de moins de 15 jours, qui doit attester du bon état de santé physique et psychique du demandeur. Mais quand l’accord est donné, il faut trois ans avant un nouvel examen qui conditionne le renouvellement. Entre-temps, si l’administration n’est pas alertée des éventuels soucis de santé rencontrés par le tireur, elle ne peut rien faire. Et la nouvelle réglementation sur les armes qui entre en vigueur en septembre 2013 n’y changera rien. La Fédération française de tir ne peut qu’appeler à la vigilance. Elle compte 140.000 licenciés.