The Dawson College shooting: Gill was ready to kill his parents — (La Presse)

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La Presse

Caroline Touzin

Sept 5, 2008

We know Kimveer Gill planned his Dawson College shooting spree. We know that it was bullets fired by him that killed young Anastasia De Sousa.   And that the police did a good job. Two years after the tragedy, coroner Jacques Ramsay revealed something new: the parents of the young depressive had no idea what was going on.

The Dawson shooter, Kimveer Gill, would not have hesitated to “eliminate his parents” if they had tried to thwart his plans.  During the months he was planning the shooting, secluded in his room in the basement, his family did not suspect anything. His parents never have thought he was capable of such a violent act and suicide.   Coroner Jacques Ramsay’s report on the Dawson shooting was published nine days after the anniversary of the tragedy on 13 September 2006.

“It is devastating to learn that he wanted to kill us,” Parvinder Sandhu, the mother of Kimveer, told La Presse last night.  In her mind, the Dawson killer was not her son.   The shooter was a depressed person, who never revealed his distress. “He was not Kimveer when he did this. He was sick, “she explained.

“If the CLSC [centre local de services communautaires] had warned me that my son was depressed, maybe I could have done something.  I did not know that he had a problem. I thought he collected weapons as a hobby, “she recounted.  Time has not diminished her hurt. “Life is terrible. I miss him”, said the mother who repeated several times during the interview that she was sorry for the families of her son’s victims, especially De Sousa.

Gill intended to commit his “crazy act” on April 20 to commemorate the massacre of Columbine, we also learned from the coroner’s report.   But the young man, 25, postponed his action for a few weeks, awaiting the delivery of a pistol he had ordered.

If Gill deceived his parents, he also lied to obtain firearms. He made a false statement about his history of mental disorder to obtain his license for possession of firearms, said the coroner.  His mother waited 10 weeks before signing the form as sponsor for him to get his license in 2005.

Since the age of 18, Gill was psychologically fragile. He would drink two to seven drinks per day. He was a “very introverted” and “hypersensitive” young man.

Two years before the tragedy, he consulted a CLSC near his home in Laval.  He apparently contemplated throwing himself in the path of a truck.  A doctor prescribed an antidepressant, but it did not seem to help.  His anxiety disorder was linked to his alcohol consumption, said the doctor who recommended therapy that Gill did not take advantage of.  In July 2004, he re-engaged with a CLSC psychologist but there was no improvement of his mental health.  They met every week for a month. After that, the young man abandoned this alternative therapy. His last visit to the CLSC was January 30, 2005, when he hurt his hand in a fight.

“He wanted to be accepted by others, but everything he did worked against it,” said the coroner. He quit his classes at college after two months. He enrolled in the Army, but left after a few weeks. He went to work at the Marconi factory and was there for two years until he was victim of massive layoffs. He had been out of work for over a year at the time of the tragedy.

Gill never addressed his alcohol problem and on the day of the shooting, his blood alcohol level was just under the legal limit either, 0.076. He drank whiskey in his car on the morning of drama on the way to Dawson College. No other drugs were found in his blood.

Gill spent the last seven or eight months of his life secluded in his room, the door closed, spending most of his evenings and nights at his computer. On the hard drive of his computer, police found pictures of two colleges and four universities, in addition to a summary map of Dawson. The coroner did not determine why Gill finally chose Dawson.  He had never attended this college.

Around 1:54 the night before the tragedy, Gill made a handwritten will. He left all his possessions to his mother. “Human beings are bad (98% of you)”,  he wrote in English. After killing Anastasia De Sousa and wounding 16 people, Kimveer Gill killed himself in front of two witnesses inside the college.

The coroner warned yesterday against connecting the shooting and Gill’s taste for death metal music, violent video games and black clothes. “People do not commit violent acts because they are depressed or because they dress in black,” he said.  A few months before the tragedy, Gill still dreamed of writing a screenplay. If he could have channeled his energies in another direction, it’s a safe bet that the Dawson tragedy would never have occurred, according to the coroner.

Ultimately, the shooting at Dawson College is first and foremost the act of a young man in the grip of a deep unhappiness.  “We must be concerned about the despair Kimveer Gill felt”, said the coroner’s 25-page report.

 

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Dawson: Gill était prêt à tuer ses parents — (La Presse)

Caroline Touzin

Publié le 05 septembre 2008 à 08h02

On savait que Kimveer Gill avait prémédité son geste en ouvrant le feu au collège Dawson. On savait que la jeune Anastasia De Sousa avait péri sous ses balles. Et que les policiers avaient fait du bon travail. Deux ans après le drame, le coroner Jacques Ramsay a toutefois fait hier une révélation inédite: les parents du jeune dépressif ont failli eux aussi y passer.

L’auteur de la fusillade de Dawson, Kimveer Gill, n’aurait pas hésité à «éliminer ses parents», s’ils avaient gêné ses plans. Même s’il préparait la fusillade depuis des mois, reclus dans sa chambre au sous-sol, sa famille ne se doutait de rien. Ses parents n’auraient jamais cru qu’il pouvait faire un geste violent et se suicider.C’est ce que révèle le rapport du coroner Jacques Ramsay sur la fusillade de Dawson publié à neuf jours de l’anniversaire de la tragédie survenue le 13 septembre 2006.

«C’est vraiment douloureux d’apprendre qu’il voulait nous tuer», a dit la mère de Kimveer, Parvinder Sandhu, à La Presse, hier soir. Mais pour elle, le tueur de Dawson n’était pas son fils. C’était un être dépressif, dont elle n’a pas décelé la détresse. «Il n’était plus Kimveer quand il a fait ça. Il était malade», a-t-elle ajouté.

«Si le CLSC m’avait prévenue que mon fils faisait une dépression, j’aurais peut-être pu faire quelque chose. Je n’ai pas vu qu’il avait un problème. Je pensais qu’il avait des armes pour pratiquer un sport», a-t-elle raconté. Le temps ne parvient pas à diminuer sa douleur. «La vie est terrible. Je m’ennuie de lui», raconte celle qui a répété à plusieurs reprises durant l’entrevue être désolée pour les familles des victimes de son fils, en particulier les De Sousa.

Gill s’apprêtait à commettre son «geste fou» le 20 avril pour commémorer la tuerie de Columbine, a-t-on appris aussi dans le rapport du coroner. Le jeune homme de 25 ans a reporté son geste de quelques semaines, en attente de la livraison d’un pistolet qu’il avait commandé.

Si Gill a trompé ses parents, il a aussi menti pour obtenir des armes à feu. Il a fait une fausse déclaration sur ses antécédents de troubles mentaux pour obtenir son permis de possession et d’acquisition d’armes à feu, indique le coroner. Sa mère a d’ailleurs hésité pendant 10 semaines avant de signer le formulaire comme répondante pour qu’il obtienne son permis en 2005.

Depuis l’âge de 18 ans, Gill présente une fragilité psychologique. Il boit entre deux et sept consommations d’alcool par jour. Il est décrit comme un jeune homme «très introverti» et «hypersensible».

Deux ans avant le drame, il consulte dans un CLSC près de chez lui à Laval. Il songe alors à se lancer devant un camion. Un médecin lui prescrit un antidépresseur, mais cela ne produit aucun effet notable. Son trouble anxieux est relié à sa consommation d’alcool, estime le médecin qui lui recommande une thérapie à laquelle il ne participera pas. En juillet 2004, un psychologue du CLSC le relance et ne constate aucune amélioration de sa santé mentale. Il le rencontre chaque semaine pendant un mois. Le jeune homme abandonne cette autre thérapie. Sa dernière visite au CLSC remonte au 30 janvier 2005, alors qu’il éprouve une douleur à une main après une bagarre.

«Alors qu’il souhaite être accepté par les autres, tous ses gestes annoncent le contraire», souligne le coroner. Il a abandonné ses cours au cégep après deux mois. Il s’inscrit dans l’armée de terre, mais n’y reste que quelques semaines. Il est un employé très discret à l’usine Marconi, où il travaille pendant deux ans, jusqu’à ce qu’il soit victime de mises à pied massives. Il est sans travail depuis plus d’un an au moment de la tragédie.

Gill n’a pas réglé son problème d’alcool, puisque le jour de la fusillade, son taux d’alcoolémie dans le sang est tout juste sous la limite permise soit, 0,076. Il a bu du whisky le matin du drame, dans sa voiture, en route vers le collège Dawson. Aucune autre drogue n’a été retrouvée dans son sang.

Gill a passé les sept ou huit derniers mois de sa vie, reclus dans sa chambre, la porte fermée, passant le plus clair de ses soirées et ses nuits devant son ordinateur. Sur le disque dur de son ordinateur, les policiers retrouveront des photos de deux autres collèges et quatre universités, en plus d’un plan sommaire de Dawson. Le coroner n’a pas découvert pourquoi Gill avait finalement choisi Dawson. Le jeune homme n’avait jamais fréquenté ce collège.

Vers 1h54 la nuit avant le drame, Gill écrit son testament à la main. Il cède toutes ses possessions à sa mère. «Les êtres humains sont mauvais (98% de vous)», écrira-t-il en anglais. Après avoir tué Anastasia De Sousa et blessé 16 personnes, Kimveer Gill s’est donné la mort sous les yeux de deux témoins à l’intérieur du collège.

Le coroner a mis en garde, hier, ceux qui seraient tentés de faire un lien entre la fusillade et le goût de Gill pour la musique death metal, les jeux vidéo violents et les vêtements noirs. «Ce n’est pas parce que quelqu’un est déprimé et s’habille en noir qu’il va commettre des gestes violents», a-t-il souligné. Quelques mois avant le drame, Gill rêvait encore d’écrire un scénario de film. S’il avait pu canaliser autrement ses énergies, il y a fort à parier que les événements de Dawson ne seraient jamais survenus, selon le coroner.

En bout de ligne, la fusillade du collège Dawson est d’abord et avant tout le fait d’un jeune homme en proie à un profond mal de vivre. Le désespoir de Kimveer Gill doit aussi nous interpeller», a conclu le coroner dans son rapport de 25 pages.