Tuerie de Pouzauges: un antidépresseur mis en cause / Family Killed in Pouzauges: was the cause an antidepressant? — (Le Figaro)

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Le Figaro

Par Flore Galaud

Publié le 02/07/2010 à 10:43    Mis à jour le 15/07/2010 à 10:44

Original (French version) below.

Photo of police at the House of Dr. Emmanuel Bécaud, Pouzauges, in Vendée, there where the killing happened

The doctor suspected of massacring his wife and 4 children before killing himself May 31, might have been in a state  of delirium-psychosis triggered by a prescription medication.

Was Emmanuel Bécaud, doctor of province with no history of violence in full possession of his faculties at the time he killed his family?

More than a month after the tragedy that occurred on 31 May in Pouzauges, a small community of Vendée, an investigation has been conducted.  According to Le Parisien, investigators now favor the hypothesis that an antidepressant – sertraline – is the explanation for the doctor’s moment of madness, when he shot his wife and four children before committing suicide. A first in France.

“We found no trace of other substances in his body,” said a source close to the investigation. We suspect this drug to have been the spark that set fire to the powder and triggered the massacre. Sertraline is usually sold under the brand name Zoloft.  Investigators do not consider it relevant at this point that the doctor of 34 ‘overworked’, according to his staff, taking this medication.  The dosage involved was ‘therapeutic,’ not an overdose, said the source.

Some Sertraline Takers Lose Control

The theory that this type of medication (SSRI) can cause a moment of madness has already been accepted in several criminal cases that occurred abroad. In June 2001, a U.S. Court condemned so the laboratory SmithKline Beecham, owner of the antidepressant Seroxat, to pay $ 6.4 million to the relatives of the victims of Don Shell, a Wyoming man who killed his entire family before committing suicide under the influence of Paxil/Seroxat/paroxetine. Three years later, an Australian court ruled “mitigating circumstances” in the case of a young woman who tried to kill her children before attempting suicide.

Guy Hugnet, former pharmaceutical  industry Executive revealed in his book “Antidepressants: Prescription Lies” that there is scientific evidence that these meds cause some patients to experience “severe turmoil” that can  lead them to “lose control”.   This phenomenon  iscalled akathisia, explains the Parisian. Antidepressants in question are called SSRIs (selective serotonin reuptake inhibitors).   They include Zoloft, the Seroxat, Celexa, and the very famous Prozac. “In France (…), they are prescribed like hotcakes so that doctors are reported risks,” says Guy Hugnet. Indeed, France holds the world record for the number of people who admit to regular consumption of antidepressants: about 5 million.

Tuerie de Pouzauges: un antidépresseur mis en cause — (Le Figaro)

Des gendarmes en faction devant la maison du docteur Emmanuel Bécaud, à Pouzauges, en Vendée, là où s’est déroulé la tuerie. Crédits photo : AFP

Le médecin, soupçonné d’avoir massacré le 31 mai dernier sa femme et ses 4 enfants avant de se donner la mort, pourrait avoir eu un coup de folie déclenché par un médicament.

Emmanuel Bécaud, médecin de province sans histoire, était-il en pleine possession de ses moyens au moment où il a tué sa famille? Plus d’un mois après les faits, un nouvel élément vient relancer l’enquête sur cette tuerie survenue le 31 mai dernier à Pouzauges, petite commune de Vendée. Selon Le Parisien, les enquêteurs privilégient désormais l’hypothèse d’un antidépresseur – la sertraline – pour expliquer le coup de folie du médecin, qui a abattu sa femme et quatre enfants avant de se suicider. Une première en France.

«Nous n’avons pas trouvé trace d’autres produits dans son organisme, indique une source proche de l’enquête au quotidien. On soupçonne ce médicament d’avoir été l’étincelle qui a mis le feu aux poudres et a déclenché le massacre». La sertraline se vend le plus souvent sous la marque Zoloft. Les enquêteurs ignorent, pour l’heure, depuis combien de temps le médecin de 34 ans, «surmené» selon son entourage, prenait ce médicament. Mais le dosage était à «dose thérapeutique, et sans excès», précise la source.

Certains sujets peuvent «perdre les pédales»

L’hypothèse selon laquelle ce type de médicament peut provoquer un coup de folie a déjà été prise au sérieux dans plusieurs affaires criminelles survenues à l’étranger. En juin 2001, une cour américaine condamnait ainsi le laboratoire SmithKline Beecham, propriétaire de l’antidépresseur Deroxat, à verser 6,4 millions de dollars aux proches des victimes de Don Shell, un homme sous antidépresseur qui avait tué toute sa famille avant de se suicider dans le Wyoming. Trois ans plus tard, un tribunal australien accordait des «circonstances atténuantes» à une jeune femme qui avait tenté de tuer ses enfants avant d’essayer de mettre fin à ses jours.

D’après Guy Hugnet, ancien cadre dans l’industrie pharmaceutique auteur du livre «Antidépresseurs : mensonges sur ordonnance», ces affaires ont permis de révéler des études scientifiques qui indiquent bien que certains patients peuvent être en proie à des «agitations sévères» qui amènent à «perdre les pédales». Un phénomène appelé l’akathisie, indique-t-il au Parisien. Les antidépresseurs mis en cause sont appelés IRS (inhibiteurs de la recapture de la sérotonine). Parmi eux, on trouve notamment le Zoloft , le Deroxat, le Seropram mais aussi le très célèbre Prozac. «En France (…), ils sont prescrits comme des petits pains alors que les médecins sont sous-informés des risques», estime Guy Hugnet. La France détient en effet le record du monde de prises d’antidépresseurs : 5 millions de Français avouent en consommer régulièrement.